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Les Amertumes

Ainsi s'énervait Polymnie

30 Novembre 2008 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #Sizains

La Muse parle

Rimailleur trop souvent inculte
Dont chaque Ligne est une Insulte
    À ce bel Art
Qu'est la Musique de la Phrase,
Votre Pensée est aussi rase
    Qu'un Faire-Part :

Celui du Décès de la Muse
Que par votre Clameur profuse
    Vous torturez.
Que de Pauvreté dans vos Rimes
Et dans vos Vers combien de Crimes !
    Considérez :

L'Alexandrin plein de Chevilles
Claudiquant sur treize Béquilles,
    Boîteux et flou,
Où la Césure reste Énigme
Et l'Hiatus, ce Borborygme,
    Plante son Clou ;

Vos Rythmes, comme l'Âne ahane,
Blessent l'Oreille mélomane
    Et sont pareils
Aux Chants d'Enfants qui, sous la Blouse,
Comptent dix sur leurs Mains, puis douze
    Aux gros Orteils ;

Le tout dans un Vocabulaire
D'une Platitude exemplaire
    (Un Mot souvent
S'enlumine d'un Astérisque,
Heureux d'avoir osé le Risque
    D'un Ton savant).

Car plus que cette Défaillance
Du Vers, voici l'Insignifiance
    De vos Propos :
Vos Emballements cardiaques,
Vos Douleurs hypocondriaques,
    En principaux,

À côté de Philosophies
Que l'on prête aux Faces bouffies
    Sur les Comptoirs
Et de Révoltes préconçues,
Dignes de ces Bêtes reçues
    Aux Abattoirs ;

Quand votre Inspiration fadasse
Ne vous réchauffe pas l'Audace
    C'est un Concours
Qui vous tisse une vieille Trame
De Faits divers, de mauvais Drame,
    Presque toujours.

Vous résumez la Poésie
À votre seule Fantaisie
    Du Sentiment ;
Votre Coeur prime votre Tête,
Votre Ego partout se projette
    Grossièrement.

Hugo décrivait la Genèse
Avec toute la Fougue et l'Aise
    De son Talent
Et, créant l'Homme et le Brin d'Herbe,
Chantait en imposant au Verbe
    Son Rythme lent ;

Lui savait parer sa Pensée
Des Vers à la Rime élancée
    Comme il se doit,
Quand vous ne progressez vous-même
Qu'en grattant le Souffle et le Thème
    À chaque Doigt ;

Et l'on peut parcourir la Page
De votre Ouvrage nulle Image
    Ne sort du Lot,
Rien du Flot de Strophes banales
Qui puisse imprimer les Annales
    Que le Temps clôt.

La Poésie est morte, certes,
Car dans les Longueurs inexpertes
    De vos Écrits
Ne transparaît que Raison froide
Dans le Carcan d'un Compte roide
    Sans Coloris ;

La Muse ignore votre Branche,
Elle ne prête pas sa Hanche
    À votre Main,
Elle cherche ce Visionnaire
Offrant au Peuple Légionnaire
    Un clair Chemin.

Où dénichera-t-elle l'Aigle
Qui tourne le Vers dans la Règle
    Des grands Auteurs ?
Se trouve-t-il, Ô Polymnie,
Parmi ta Cohorte infinie
    D'Adorateurs ?

Tant de Plumes se croyant Cygnes
Ne pondent que des Airs indignes
    De cette Foi !
À qui passeras-tu la Flamme,
Cet infime supplément d'Âme,
    Ce Plus-que-soi ?

Qui saura te parer encore
Du Rythme que la Rime dore,
    Sans Corrosions,
Et dresser un Portrait du Monde
Dans la Couleur riche et féconde
    De ses Visions ?

Voici le Faune au Regard triste,
Sans Doute le dernier Artiste
    Qui cherche et ceint
La Beauté du Mot, l'Esthétique
Au Fond de cet Abyme antique
    Du Rythme saint.

Tu seras le Gardien du Temple,
Et pour Prix de ce Devoir ample
    Sois l'humble Pion
Entre ce Siècle de Rature
Et la Génération future
    De mon Champion.

Le Faune parle

La Tâche ingrate et méprisée,
Celle qui me vaut la Risée
    Et l'Aversion,
Je la revendique et parade
Devant ce Peloton malade
    De Prétention.

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E
<br /> <br /> vous devriez poster cette poésie sur les forums où il est certain que beaucoup malmènent la muse<br /> <br /> <br /> amitiés<br /> <br /> <br /> raymonde verney<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Sur certains blogs aussi.<br /> <br /> <br /> Merci de votre passage<br /> <br /> <br /> <br />
W
J'ai déjà entendu ça dans une autre vie...lolUne tache bien ingrate en effet mais peu importe, l'éveil d'une nouvelle oreille vaut bien toutes les prétentions des autres.Toujours un plaisir de venir baigner en tes eaux.Tous mes voeux poétiques. Amitiés (toujours reconnaissantes et joueuses).Pascal.
Répondre
D
<br /> Toujours heureux de tes apparitions.<br /> Merci Pascal<br /> <br /> <br />
H
Ouïe ouïe OUÏE!C'est bien vrai que nous la malmenons, pauvre Muse...Mea culpa!Mais en son temps, Rostand le fit aussi...Seulement il était génial, lui...(Pour moi en tous cas!) Sais pas pourquoi, mais me sens le moral dans les chaussettes...
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D
<br /> La poésie ça va, ça vient...<br /> Il y a des siècles avec, et des siècles sans.<br /> Après le XXème, on ne peut que remonter la pente.<br /> Merci de votre passage.<br /> <br /> PS J'aime beaucoup Rostand, même si les vers de Cyrano sont parfois torturés, et en tous cas loin d'être classiques, fâcheux pour un Cadet de Gascogne sous Louis XIII !<br /> <br /> <br />
P
C'est dit et bien dit. Et pourtant il faut garder l'espoir, le lilas refleurira en mai.
Répondre
D
<br /> Oui, mais l'hiver est long et rigoureux.<br /> Merci de votre passage<br /> <br /> <br />
M
Je pense que ceux qui n'ont pas un égo surdimensionné ne la trouveront pas grossière ...
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D
<br /> Merci de votre compréhension, de votre patience et de la confiance que vous m'accordez.<br /> <br /> <br />